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Market Evolution Trends for ICT Services by Cheysson M. (cheysson.mandrosolaza@enst-bretagne.fr)

Google services pour NTT DoCoMo, positionnement et modèle économique?

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NTT DoCoMo et Google ont annoncé le 24 janvier dernier dans un communiqué de presse la signature d’un partenariat d’envergure, ciblant 48 millions d’utilisateurs du portail de services “i-mode” créé et proposé par l’opérateur mobile numéro 1 au Japon.Les objectifs du partenariatIl s’agit pour les leaders respectifs du web et du mobile de favoriser l’accessibilité des sites Internet mobiles, d’améliorer le parcours client des utilisateurs et de développer l’usage de services Internet mobiles sur le marché japonais.
Pour Google, l’objectif est surtout de développer l’usage de ses applications pour, in fine, les monétiser en générant des revenus publicitaires sur le mobile.
L’irruption du champion du Web « ouvert » dans un écosystème réputé très contrôléLe partenariat consiste globalement à ouvrir le portail i-mode de NTT DoCoMo vers le off portal et à y mettre en avant les services de Google.
Concrètement, les deux acteurs ont convenu d’intégrer le moteur de recherche Google ainsi que les services Google Maps, GMail, Agenda, Picasa et YouTube sur le portail i-mode de NTT DoCoMo, de développer des terminaux embarquant le système d’exploitation Androïd et de créer de nouveaux outils de marketing pour les utilisateurs du portail.
Le moteur de recherche Google, intégré sur le portail de NTT DoCoMo, renverra non seulement vers les 10 000 sites officiels i-mode proposés par l’opérateur mais aussi vers les sites du off portal (=hors portail opérateur) résultats du référencement naturel ou payant* (*liens commerciaux Google). L’ouverture d’un portail opérateur vers la “jungle” du web, et réciproquement l’entrée de Google dans cet écosystème fermé et surtout très contrôlé, constitue un réel tournant stratégique pour les deux acteurs.
En intégrant les services Google sur les mobiles qu’il développe avec ses fournisseurs tels que Panasonic, NEC, Fujitsu et Sony-Ericsson, NTT DoCoMo s’appuie sur la notoriété d’un géant du web pour fidéliser ses clients. La proposition de valeur réside dans l’offre d’une expérience similaire à l’Internet fixe avec des spécificités répondant aux attentes en mobilité (par exemple la géolocalisation assortie d’infos et services contextuels). C’est également pour Google, et pour tout acteur du Off portal, une des conditions de succès sur le mobile.
Concernant la participation de NTT DoCoMo au développement de terminaux embarquant le système d’exploitation et l’architecture « Androïd » que Google est en train de concevoir, on notera sans surprise l’adhésion de NTT DoCoMo à OHA, le consortium qui développe Androïd. Reste à savoir si l’opérateur japonais compte distribuer ces terminaux, et quand…
Comme indiqué plus haut, le partenariat prévoit par ailleurs la création de nouveaux outils de marketing pour les utilisateurs du portail. L’annonce reste cependant obscure sur ce point. On peut imaginer qu’il s’agira d’actions de co-marketing (campagne sur le web par exemple), et pourquoi pas de développement d’enablers comme la géolocalisation, de codes barres 2D voire de NFC (puce sans contact).
Des questions restent encore en suspend, notamment sur les revenus liés à ce modèle. Les deux leaders ont prévu des espaces réservés à la publicité entre des groupes de résultats du moteur de recherche. Il s’agira plus précisément de publicités liées au contenu des requêtes. Mais comment ces revenus vont-ils se partager entre les deux acteurs?  M. Natsuno « juge que l’arrivée de Google n’aura pas d’effets sur le modèle économique des sites officiels i-mode sur abonnement mensuel payant et vente de contenus à l’acte » (source : dépêche AFP), mais on imagine que les transactions sur ces sites officiels vont diminuer, donc la question est plutôt de savoir quel est le business model en dehors des sites officiels.
Pour Google, les bénéfices de l’accord sont évidentsAu Japon, contrairement au marché européen, les constructeurs de terminaux de NTT n’ont quasiment pas de marge d’innovation. Ils sont simplement chargés d’implémenter chaque terminal conformémént aux spécifications de l’opérateur mobile. Grâce à ce partenariat, Google bénéficie du poids et de la légitimité du leader des opérateurs mobiles japonais face aux constructeurs de terminaux, pour pousser l’intégration du système Androïd  en natif (contre les Symbian, Windows mobile etc) et pour pouvoir conquérir l’univers du mobile.
Par ailleurs, le fait de s’appuyer sur les développements et la structure performante de NTT DoCoMo, permet à Google de tester ses activités mobiles au Japon, pays leader du marché du web mobile, pour leur essor à l’échelle mondiale (n’oublions pas que dans ce domaine, le Japon et la Corée sont des pays précurseurs)
Quelle est la stratégie de NTT DoCoMo ?Aujourd’hui, sur le périmètre de l’Internet mobile, les opérateurs se rémunèrent sur les transactions réalisées depuis les sites mobiles qu’ils référencent sur leurs portails. Ils n’ont, en revanche, ni visibilité et ni revenu hors de leurs propres portails. Pourtant, NTT DoCoMo vient de décider que son moteur de recherche pourrait renvoyer les utilsateurs vers le Off portal. Quels sont ses intérêts?
Bien qu’étant le premier opérateur nippon, NTT DoCoMo multiplie les actions pour maintenir ses parts de marchés (plus de 50%) face à la concurrence de KKDI et surtout de Softbank Mobile, co-propriétaire du premier portail de recherches internet au Japon, Yahoo Japan.
Mais NTT DoCoMo semble également vouloir anticiper le développement de l’usage du Off portal avec l’arrivée notamment des grands acteurs du Web (Yahoo, Google et Microsoft) en proposant un partage des intérêts (et des revenus) plutôt que de « leur tourner le dos ». On pense alors à T-Mobile qui, depuis 2005, à remplacé la home page de son portail T-Zone par celle de Google sur ses terminaux.  En effet, si l’arrivée des acteurs du Off portal inquiète les opérateurs mobiles, c’est tout de même une opportunité d’accroître les usages donc l’audience de l’Internet mobile (on et off). L’important est que les opérateurs ne restent pas spectateurs du développement du off.
 (Source: arcome.fr)

Rédigé par Cheysson

février 14, 2008 à 11:13

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